Balzac on virginity

La Virginité, comme toutes les monstruosités, a des richesses spéciales, des grandeurs absorbantes. La vie, dont les forces sont économisées, a pris chez l’individu vierge une qualité de résistance et de durée incalculable. Le cerveau s’est enrichi de l’ensemble de ses facultés réservées. Lorsque les gens chastes ont besoin de leur corps ou de leur âme, qu’ils recourent à l’action ou à la pensée, ils trouvent alors de l’acier dans leurs muscles ou de la science infuse dans leur intelligence, une force diabolique ou la magie noire de la Volonté [i].

(Balzac, La Cousine Bette, éd. La Péiade, p. 152)

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  1. Virginity, like all monstrosities, has its a wealth and a greatness of its own. Life, whose strength the virgin individual has spared, takes on unforeseen qualities of resistance and durability. The mind is filled by faculties that would otherwise have been reserved. When chaste individuals require their body or their soul, whether for action or for thought, there is steel in their muscles and pure science in their intelligence—which can be the strength of the Devil, or the black magic of the Will. []